Publié le 06/10/2008 08:14 - Modifié le 06/10/2008 à 17:56 | © 2008 AFP

Nicolas Sarkozy sous la grève à l'usine Renault de Sandouville

Nicolas Sarkozy rencontre des ouvriers de l'usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime) le 6 octobre 2008
Gerard Cerles AFP

Entre deux réunions sur la crise financière, Nicolas Sarkozy s'est imposé lundi une parenthèse brève et agitée à l'usine Renault de Sandouville pour tenter d'en rassurer les salariés, en colère après l'annonce de la suppression d'un quart de leurs effectifs.

D'ordinaire très friand de visites d'ateliers et d'échanges sur le vif avec les représentants de "la France qui se lève tôt", le chef de l'Etat s'est contenté d'une discussion avec des représentants syndicaux et le PDG de Renault Carlos Ghosn, avant de remettre illico le cap sur l'Elysée et une réunion avec les banquiers et assureurs.

Car à l'inverse de ses rencontres habituelles avec les "cols bleus", Nicolas Sarkozy a débarqué lundi matin dans une usine en grève et en état de siège, encerclée par d'imposants effectifs de gendarmes mobiles.

Deux heures avant son arrivée, quelque 300 grévistes encadrés de près par la CGT ont manifesté dans l'usine aux cris de "Sarkozy, t'es foutu les Renault sont dans le rue". Une centaine d'autres qui souhaitaient interpeller le président ont été repoussés sans ménagement dans leurs ateliers.

"Je n'ai jamais vu la police rentrer dans l'usine depuis qu'elle existe, même en 68, c'est une honte", s'est étranglé le délégué CGT Lionel Lepage, "on cherche à provoquer des incidents". "Ici c'est la France qui se lève tôt, dont Sarko disait qu'il l'aimait bien", a renchéri son collègue Nicolas Guermonprez, "vous voyez comment il les respecte !"

Pour éviter tout incident, Nicolas Sarkozy a donc renoncé à déambuler sur les chaînes de montage et a réservé ses annonces à la presse, à bonne distance de la colère des salariés.

"Ce site ne fermera pas. Le président (de Renault, Carlos) Ghosn et Renault ont décidé d'y faire construire un véhicule utilitaire" en 2012, a assuré le président. "L'Etat est un des actionnaires de Renault. L'Etat travaille main dans la main avec le management de Renault. J'ai voulu voir les salariés et les syndicats pour leur expliquer cela", a-t-il ajouté.

La direction du constructeur automobile a annoncé en juin un plan social de 4.000 départs volontaires dans ses usines françaises, dont un millier sur les quelque 3.700 du seul site de Sandouville, fragilisée par les mauvaises ventes de la nouvelle berline Laguna.

Pour apaiser l'inquiétude de ses employés, Nicolas Sarkozy a détaillé lundi une série de promesses susceptibles de réduire le prix social du plan de la direction. De l'octroi au constructeur d'un crédit impôts recherche à la possibilité pour ses salariés "d'aller en formation avec 100% de leur salaire sans passer par la case chômage".

Son message a rassuré, au moins partiellement, le secrétaire du comité d'entreprise Guy Vallot (FO, majoritaire). "On a le sentiment d'avoir été écoutés", s'est-il réjoui, "l'élément le plus positif, c'est quand il dit que Sandouville ne fermera pas. Il est quand même actionnaire à 15%".

Avant de repartir, Nicolas Sarkozy a regretté de ne pas avoir pu adresser ses assurances à tous les salariés. "J'aurais bien voulu les rencontrer", a-t-il déploré, mais "c'est difficile de rencontrer les salariés quand ils sont en grève".

"Si j'étais venu sur les chaînes uniquement pour rencontrer ceux qui ne font pas grève, on m'aurait dit +oui, vous choisissez la facilité, puisque vous ne rencontrez que ceux qui sont d'accord avec vous+", a justifié le chef de l'Etat. Avant de promettre qu'il reviendrait voir "tous les salariés" de Sandouville avant la fin de l'année.

 
Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami Flux RSS S'abonner à ce flux RSS Augmenter la taille + Augmenter Diminuer la taille - Diminuer


 
RÉACTIONS DES LECTEURS
Massacre (par J-P Petitguillaume Albiès)

Nicolas Sarkozy Sandouville, la belle affaire!
La direction de l'usine va sans doute trouver quelques ouvriers qui accepteront de lui serrer la main, et encore....
Ce qui est sûr,c'est que lorsqu'il sera reparti, 1000 emplois supplémentaires seront quand même supprimés. De nos jours, il ne fait pas bon d'avoir ce genre de visites.Je connais bien cette usine pour y avoir travaillé (au comité d'entreprise)de 1975 à 1980.
Il y avait alors 13 500 salariés. Il ne sont plus
que 3000, et 2000 demain. Quel progrès! Au moins une chose qui n'augmente pas. Comme aurait dit Monsieur De la Palisse: Moins il y a d'emplois, et plus il y a de chômage.
C'est le résultat cette politique "libérale" menée à droite comme à gauche depuis plus de trente ans. Un vrai jeu de massacre de l'industrie Française et la misère pour des milliers de salariés et leurs familles.

Alerter le modérateur | Voir profil
Toutes les réactions
RÉAGISSEZ
MODE D'EMPLOI

1. Remplir correctement les cases ci-dessous.
2. Validez le mail de confirmation envoyé dans votre boite mail.

Titre :
Votre message :

 
Si vous êtes déjà inscrit cliquez-ici

* Pseudo : * Code Postal :
Données personnelles non publiées :
* E-mail :  
 
* Nom : * Prénom :
Code :  
* Entrer le code affiché :

* Champs requis

Haut de page

 
Aujourd'hui à la Une

La Bourse en direct

Consulter les cours de la bourse en direct
Terrorisme. Le défi d'Al-Qaïda  à Barack Obama Terrorisme. Le défi d'Al-Qaïda à Barack Obama
Deux semaines après la victoire de Barack Obama à la présidentielle américaine, le premier message d'Al-Qaïda au successeur de Bush constitue une «...
Enfants : le péril internet Enfants : le péril internet
Les prédateurs frappent à la porte de vos enfants. Tout ça grâce à internet. L'affaire de la disparition d'une...
Pyla (33). Laporte a-t-il bénéficié de l'aide de Borloo pour son camping ? Pyla (33). Laporte a-t-il bénéficié de l'aide de Borloo pour son camping ?
Bernard Laporte et le Bassin d'Arcachon, c'est une histoire d'amour qui se passe mal… Après sa mise en cause par la directrice du casino de...
Revel. Ils ouvrent une fromagerie en plein centre ville Revel. Ils ouvrent une fromagerie en plein centre ville
Petit événement, ce soir, dans le monde du commerce local avec l'inauguration, à 18 heures, de la Fromagerie Marzac, avenue de Toulouse. Événement...
Des scientifiques misent sur la marijuana pour réduire les troubles de la mémoire Des scientifiques misent sur la marijuana pour réduire les troubles de la mémoire
Une étude de l'Ohio State University, publiée le 19 novembre, révèle contre toutes attentes que la marijuana peut ralentir le vieillissement...
La bibliothèque en ligne, Europeana, débordée !
Trop de visiteurs ! C'est ce qu'il s'est passé hier, à l'ouverture du site internet de la bibliothèque en ligne de l'Europe, Europeana. L'idée...
TFC. Paulo Cesar veut faire un résultat à Lorient TFC. Paulo Cesar veut faire un résultat à Lorient
Titulaire depuis deux rencontres, le Brésilien du TFC devrait être reconduit, samedi, puisque Braaten sera encore forfait. Entretien. Paulo,...
France-Australie. Quand les montagnes se rencontrent France-Australie. Quand les montagnes se rencontrent
Qui dit test au sommet (tout au moins pour les Français) dit aussi duels au sommet et il n'en manquera pas, demain soir au Stade de France....
IMMO
Immobilier Aujourd'hui 125 logements en vente dans la région.

Cliquer


EMPLOI
Emploi Aujourd'hui offres à pourvoir sur Midi-Pyrénées.

Consulter

AUTO
Auto Aujourd'hui 5060 véhicules à vendre dans la région.

Cliquer

Il y un an déjà
Accéder aux archives