Publié le 02/10/2008 08:41 - Modifié le 02/10/2008 à 15:52 | Dossier de Gil Bousquet

Crise financière. Réquisitionner les 128 milliards du livret A ?

Argent. La proposition du gouvernement de ponctionner le livret A provoque la polémique chez les épargnants.

Jean-Michel Baylet et François Hollande.
Jean-Michel Baylet et François Hollande.

Les fuites du système financier s'ouvrent les unes après les autres et l'état devient apprenti plombier. Pour boucher les voies d'eau, le gouvernement cherche des rustines partout. Les faillites des banques américaines sont désormais chez nous en Europe et même en France. Le franco-belge Dexia a reçu en urgence une bouée de plus de six milliards dont un milliard à la charge de l'état français et deux autres milliards apportés par la Caisse des dépôts et consignations, elle aussi publique. Hier le gouvernement a démenti vouloir proposer un plan de sauvetage de 300 milliards pour les banques européennes.

Le livret A dans le viseur

D'autres établissements risquent d'avoir besoin du soutien de l'état. Hier des rumeurs persistantes lançées par le Canard Enchaîné révélaient que la Caisse d'épargne aurait besoin de 6,5 milliards d'euros. L'écureuil a dénoncé une « volonté de nuire » alors que Christine Lagarde, ministre de l'économie, démentait catégoriquement ces informations. Dans le même temps, François Fillon, assure que l'état ne s'interdit « aucune solution » pour sauver les banques françaises. Pourtant, c'est le même Premier ministre qui avait déclaré la France en faillite alors que Nicolas Sarkozy parlait de « caisses vides ». Comme aux États-Unis, on va solliciter le contribuable, l'épargnant pour éponger les dettes d'établissements bancaires qui ont joué et perdu. Les 128 milliards du livret A aiguisent bien des appétits en cette période de disette financière (lire ci-dessous). D'autant plus râlant qu'on a appris hier que le patron démissionnaire belge de Dexia pourrait toucher 3,7 millions d'euros d'indemnités de départ. La partie n'est pas perdue pour tout le monde…

Hémorragie. Face aux difficultés des banques françaises, l'état n'écarte aucune solution pour les renflouer.

Réunion du G4. Quatre pays européens se réuniront à Paris samedi pour préparer la réforme du système financier mondial.

[QFORUM] Est-ce aux épargnants de renflouer les banques privées en faillite ?

Les partis de gauche exigent un débat

à l'image du Congrès américain, les parlementaires veulent faire entendre leur voix. Le nouveau Bretton Woods que Nicolas Sarkozy veut convoquer dans les prochaines semaines ne convainc pas les principaux partis d'opposition. Hier, leur leader respectif : François Hollande (PS), Jean-Michel Baylet (PRG), Marie-George Buffet (PC) et Jean-Pierre Chevènement (MRC) ont exigé du gouvernement un « débat » à l'Assemblée et au Sénat sur la crise financière, rejetant l'appel à l'unité nationale demandé par François Fillon. Les leaders des quatre formations se sont réunis dans le cadre du comité de liaison de la gauche à l'issue duquel Jean-Michel Baylet a déclaré : « Nous demandons un débat parlementaire dans chaque Assemblée, et non en Congrès, car nous voulons un véritable débat, pour poser des questions et faire nos propositions ». Les leaders ont confirmé la tenue d'un forum public le 21 octobre sur la mondialisation qui traitera notamment de la crise financière.

«Il faut punir les coupables»

Est-ce à l'argent public de sauver les banques françaises ?

C'est un vrai problème. L'argent public doit garantir les déposants et les épargnants mais il n'y a aucune raison de sauver les actionnaires. Que l'état soit le sauveur en dernier recours ne me choque pas. Qu'on sauve la mise aux actionnaires : certainement pas !

L'état a-t-il les moyens de renflouer les banques ?

L'état a totalement les moyens. Je suis frappé par la crainte selon laquelle les banques françaises sont aux abois. Ce n'est pas le cas. L'état est là pour éviter tout effet de panique.

Les financiers s'en sortent-ils à bon compte ?

Il est anormal que les patrons de la Caisse d'épargne et des Banques populaires aient été reçus à l'élysée alors qu'ils ont spolié les petits porteurs. Il faut une démission intégrale des dirigeants qui ont failli. Mais l'état en tant que régulateur a autant failli !

Auteur avec Bernard Maris de « Le making of de l'économie », édition Perrin.

 
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La question de la rédaction
Est-ce aux épargnants de renflouer les banques privées en faillite ?
 
RÉACTIONS DES LECTEURS
ça ne finira donc jamais ?? (par yenamare)

Je suis choqué que personne n'ait songé indemniser les victimes des banques et de leurs jeux dangereux au lieu de prendre aux pauvres, déjà lésés, pour sauver les BANKSTERS.

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Faillite des banques (par cantalou - Cran Gevrier)

Pour garder une entreprise, un savoir bien français, l'état ne bouge pas et pourtant je crois que nombre de personnes se mobilisent et pour les banques privées, alors que les dirigeants partent avec des parachutes dorés, il nous faudrait payer ?
Je dis NON et NON.

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Risques privés argent public !!! (par danton - mamoudzou)

Le système libéral ne marche plus que dans un sens, ces zélateurs les plus acharnés se retournent vers l'état dès lors qu'ils ne peuvent plus faire face à leurs obligations. Serait il donc possible dans notre société d'empocher les bénéfices sans partager les risques qu'entraine l'affairisme et la spéculation mondiale?? Que l'état vienne au secours d'un système en train de s'écrouler ne me choque pas c'est son devoir, mais il serait inconcevable qu'il le fasse gratuitement, pour un euro déboursé l'état doit exiger des remboursements d'emprunts et des prises de participation double ou triple de son engagement dans toutes les entreprises touchées et cela sans augmentation du capital c'est à dire au détriment de tous les actionnaires. Le risque dans un sytème libéral doit se payer cash.

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