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Nicolas Sarkozy, et les présidents de la Commission et du Parlement européens José Manuel Barroso et Hans-Gert Pöttering, ont tous trois plaidé pour une "Europe unie" derrière le Traité de Lisbonne, lors d'un Conseil national de l'UMP samedi à Paris.
Seule note discordante dans ce concert pro-européen, M. Sarkozy a profité de la présence de M. Barroso, fervent défenseur de la Banque centrale européenne (BCE), pour exprimer de nouvelles réserves sur la politique menée par l'institution.
Le chef de l'Etat français s'est demandé s'il était "raisonnable" d'avoir des taux européens à 4,25 % (seuil auquel les a portés jeudi le BCE, ndlr) face à des taux américains "à 2%".
Invités de cette réunion du parti majoritaire à la Maison de la Mutualité, les trois dirigeants européens ont appelé tous les Etats-membres de l'Union à se rassembler derrière le traité de Lisbonne. Un traité que les 27 ont signé en décembre dernier, et qu'ont refusé jusqu'ici de ratifier les Irlandais et le président polonais, Lech Kaszinsky.
"La Pologne doit honorer sa signature", "c'est une question de morale" a déclaré Nicolas Sarkozy, sous les applaudissements de quelque 2.000 cadres du parti majoritaire.
"J'ai confiance dans le président polonais. Nous nous verrons, nous trouverons des solutions", et "on arrivera à convaincre la Tchéquie", réticente elle aussi, "de ratifier également".
"En Europe, c'est toute la famille, on est 27 : notre rôle à tous les trois, ce sera d'amener les 27 ensemble", a souligné le président français en s'adressant à MM. Barroso et Pöttering.
"Je ne suis pas prêt à mettre mon drapeau européen dans ma poche", "à renoncer à une idée européenne qui a apporté la prospérité, la paix" et "mis à bas l'une des dictatures les plus sanglantes qu'on ait connues, la dictature marxiste et communiste", a assuré M. Sarkozy.
Et d'ajouter que "ce n'était pas la peine de faire la fête aux check points de Berlin lorsque le Mur est tombé (en 1989, ndlr), si ce n'était pas pour emmener toute la famille en même temps".
Hans-Gert Pöttering a cité Jean Monet, l'un des pères fondateurs de l'Europe : "Rien n'est possible sans les hommes", mais "rien n'est durable sans les institutions".
Le Traité de Lisbonne "donne à l'Europe une plus grande capacité d'action pour la rendre plus démocratique et transparente", a-t-il déclaré, assurant Nicolas Sarkozy du soutien du Parlement européen, et du sien "en premier lieu".
"Si vous voulez aller vite, partez seul, si vous voulez aller loin, partez ensemble", a renchéri le président de la Commission, appelant les 27 à un "effort" collectif pour parachever le processus de ratification, au terme duquel "nous pourrons discuter avec nos amis irlandais".
Lech Kaczynski avait déclaré mercredi qu'il ne ratifierait le traité européen de Lisbonne que si l'Irlande l'approuvait dans un nouveau référendum.
M. Barroso a assuré que "face aux défis globaux", l'Europe a besoin de "réponses globales" pour poursuivre "ce parcours à 27", malgré le rejet irlandais.
"Si l'Europe est mal comprise, c'est parce que l'Union n'a pas toujours su trouver les mots et les actes pour susciter une adhésion plus puissante que la somme des contestations", a estimé le chef du gouvernement français, François Fillon.
"L'Europe a besoin de retrouver un dessein politique", et "de démontrer à nos concitoyens qu'elle est là pour nous protéger, nous mobiliser, nous grandir", a-t-il ajouté.
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